Connaissez-vous Toubab Dialaw? C’est un petit village à l’Ouest du Sénégal. Un projet d’importance risque de changer tout un équilibre local. Est-ce la solution pour donner une nouvelle impulsion au niveau international?

Le Sénégal doit connaître un nouveau élan économique. Parmi l’ensemble des projets proposés un attire l’attention. La construction du port de Ndayane à Toubab Dialaw interroge. Les politiques, les communicants, les financiers  pensent que c’est l’avenir qui s’inscrit et sur le long terme. Quelques personnes montrent leur mécontentement. Faut-il s’attendre à autre chose quand on planifie un changement? Hamidou Anne, Ian de Toffoli et le Fluide Ensemble décide de poser un regard critique pour prouver la complexité d’un sujet qui au premier regard pourrait paraître simple. Sur cette terre se trouve bien plus que des perspectives d’argent pour des pays étrangers. Qu’en est-il de la mémoire? de la culture locale? des pêcheurs? des enfants qui jouent sur la plage? des cendres des morts qui seront recouvertes de béton? Qu’en est-il du passé colonial encore très présent?

©JosephBanderet
©JosephBanderet

Mikaël Serre relève les manches pour parler de cette réflexion très concrète dans un spectacle. Il ne s’interdit rien pour mettre en abîme les préoccupations qui vont au plus proche des émotions de l’ensemble de la population. Personne n’est oublié que ce soit le français noir temporairement au pays ou le jeune qui a besoin de travail prêt à promouvoir le projet à tout prix. Les colères, les visions, les peines, les souffrances s’affrontent, se confrontent, se percutent. Des vrais témoignages de locaux, la voix d’une femme sur un plan de son visage… sont projetés sur un écran géant, sur un centenaire. Germaine Acogny, danseuse-chorégraphe, y insère de la danse et trouve une place somme tout naturelle. Sans omettre une musique joué en live qui intensifie cette violence qui ne nous laisse pas insensible. Hamidou Anne, Anne-Elodie Sorlin, Pascal Beugré-Tellier et Assane Timbo donnent leur générosité, leur passion, leur fougue, leur tristesse, leu emportement avec force et réalisme. On est porté par leurs mots, leurs actes, leurs gestes. Une équipe avec une complicité touchante. Ils se sentent aussi concernés par ces histoires de perte, d’exil, de racine, de déplacement, de non-voyage, de frontière, de colonisation, d’identité… Un spectacle complet, audacieux avec des artistes brillants qui peuvent s’exprimer pleinement pour toucher les regardants et les incitent à partir de façon pas très indemne.

Une fiction épique qui nous emmène sur des trajectoires personnelles singulière qui force à repenser l’Homme dans la société et ses origines.

« Il faut que nous osions nous dénoncer pour guérir nos imaginaires et pour enfin sortir de cette grande nuit qui dure depuis des siècles ». Hamidou Anne, Panser l’Afrique qui vient ! (Présence Africaine Editions, 2019)

Au Monfort jusqu’au 25 juin 2022

Les étapes de création
– du 15 juin au 1er juillet 2021 : résidence à L’École des Sables, Toubab Dialaw, Sénégal – du 15 avril 2022 au 06 mai 2022 : résidence à l’École des Sables, Toubab Dialaw, Sénégal – du 6 au 12 juin 2022 : résidence de création au Centquatre à Paris
– du 14 au 20 juin 2022 : résidence de création au Monfort Théâtre à Paris
> du 15 août 2022 au 31 août 2022 : résidence de création au Monfort Théâtre à Paris : répétition de la forme finale, avec Germaine Acogny
En tournée saisons 22/23 et 23/24 :
Les 19 et 20 mai 2023 : Théâtres de la Ville du Luxembourg
Le 23 mai 2023 : Théâtre et Cinéma de Choisy le roi
Fin mai 2023 : Scène nationale de Forbach dans le cadre du Festival Perspectives de Saarbrück
Juin 2023 : Africologne festival à Cologne, Allemagne
septembre 23 : KunstFestWeimar
Novembre 2023 : Festival EuroScene Leipzig
Novembre 2023 : CDN des 13 Vents à Montpellier
En cours de construction (Centquatre Paris, Théâtre Sorano de Dakar…)

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