Comment montrer le meilleur de soi-même ? Comment prouver notre valeur et nos capacités ? Faut-il se montrer fort ou afficher quelques faiblesses ? Y a-t-il de bonnes réponses à ces questions?

Un par un, les comédiens viennent sur scène. Ils s’observent. Il se jaugent. Leurs regards se veulent interrogateurs les uns envers les autres. Peut-être que les réponses à leurs questions se trouvent là. Mais ce n’est pas le cas. Alors des rires gênés se font entendre. Pour meubler l’espace vide ils se mettent à sauter, bondir, se jeter par terre… Les uns essaient d’imiter les autres en proposant un petit quelque chose en plus. Une rivalité se met en place. Tout se déroule face au public, comme si les personnages attendaient une réaction de sa part. Puis ils prennent la parole. Ils parlent de leurs compétences, de leurs centres d’intérêt, de leur courage… D’ailleurs, chacun va dans la surenchère. Une femme ira jusqu’à se mettre presque à nu au sens propre comme au sens figuré. Elle ne veut rien cacher. Est-ce que cela sera suffisant? Ils attendent un signe pour savoir ce que l’on attend vraiment d’eux. La situation stressante commence à les déstabiliser. Le voile tombe sur leurs personnalités. Ils parlent alors de leurs faiblesses, de leurs doutes, de leur blessures… De nouveau, ils interpellent ceux qui les ont venir. Que veulent-ils savoir? Que cherchent-ils?

Un silence pesant s’installe petit à petit au sein des spectateurs. La timidité, les incertitudes, la peur, la solitude joués par les comédiens se fait ressentir. Des regards et des rires gênés s’échangent également entre spectateurs. Le public qui doit faire face aussi à ce silence sur plateau qui se présente sous une esthétique du ratage. Une sensation désagréable qui rappelle forcément une situation une déjà vécue et qui ne peut laisser personne indifférent. D’ailleurs, certains spectateurs n’hésitent pas à interloquer les artistes « Qu’est-ce que vous attendez de nous? « , « Vous êtes en répétition? ». Mais chacun reste dans la peau de son personnage. Quand la parole se fait entendre à nouveau, on passe du mensonge pour se vendre à la vérité sombre de soi-même. Une frontière obscure que beaucoup maintienne dans leur vie. Alors quand pouvoir être soi-même en affichant aussi bien nos forces et nos faiblesses? Est-ce possible d’autant plus dans une société aussi compétitive qu’actuellement? Au final ne sommes-nous pas tous des imposteurs? Le titre qui fait référence à « Tartuffe » de Molière aurait tendance à nous dire que oui.

Un étonnant cafouillage organisé qui saura marquer le spectateur. Il ne pourra ressortir indemne sans se poser des questions.

De et avec Elise Lerat, Quentin Ellias, Stéphane Menti, Marion Thomas, Marc Tetedoie et Tamaïti Torlasco
Mise en scène Colyne Morange
Dramaturgie Heike Bröckerhoff
Assistanat à la mise en scène Marion Thomas
Lumières et régie générale Manon Leboucher
Musiques Pierre Bouglé, Mathias Delplanque, Olivier Guillerminet, Christophe Troeira
Œil extérieur Cécile Trichet

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