Est-il possible de construire une société égalitaire? La compagnie Theatrum Mundi propose de répondre à cette question par l’exemple de la révolution grecque de 1821 pour se libérer du joug ottoman. Un sujet qui malgré le temps qui passe apporte le même lot d’interrogations.

Avant d’entrée dans la salle, on peut s’interroger sur la mise en scène qui va être choisie. Comment vont-ils illustrer cette fiction politique qui s’inspire de la révolution grecque de 1821? Lorsqu’on va s’installer nous sommes face à des sièges et un rideau de fils. Est-il nécessaire d’en avoir plus sur le plateau pour exprimer la révolution? Bien entendu que non car c’est l’homme qui est au coeur des changements. Pour renverser une dictature, uniquement la capacité de soulèvement populaire peut insuffler un changement. Mais une métamorphose demande beaucoup d’implication et du soutien des uns et des autres. Cependant quand l’homme se met à détenir le pouvoir ne change t’il pas? Ces valeurs ne se détournent-elles pas des idées idéalistes au début défendues? La frontière entre ceux qui combattent sur le terrain et ceux qui défendent des idées devient de plus en plus étendue. D’autant plus, qu’il n’existe pas de concertation entre eux. De nouvelles disparités s’affirment avec le souhait de garder des idéaux. Une société égalitaire et représentative est-elle possible?

L’absence de décor se montre comme une évidence. La qualité de jeu et l’investissement d’Anissa Daaou, Lucas Dardaine, Maïa Foucault et Robin Gulbert suffisent à nous embarquer dans une histoire d’espoir de société meilleure. On veut les croire quand ils nous disent vouloir mener un front commun contre le pouvoir ottoman en place. Chacun à sa place va mener une bataille. Mais elles vont être très différentes car lorsqu’on est en politique avec des élus la réalité est tout autre que sur un champ de bataille où il faut affronter la mort comme compagnon. Les attentes et l’impatience de certains sur le terrain au quotidien sont plus pressentes que lorsqu’on vit tranquillement chez soi et que l’on ne manie que les mots. Les angles d’investissement se modifient également par rapport à ceux qui sont prêts à faire des compromis contre pot de vin et ceux qui n’ont rien, à part la valeur de leur conviction. Une violence physique et verbale montrée avec virulence, force et pertinence. Les arguments s’affrontent avant de faire parler les armes. On finit par s’attacher à chacun des personnages tellement leur implication semble vraie. D’autant plus qu’ils occupent tout l’espace en immergeant le spectateur dans leur aventure. Une réflexion qui nous renvoie à la situation actuelle aussi bien en France, en Europe ou en Afrique. Existe t’il un système qui permettrait à chacun de trouver une part de liberté d’agir? Chaque personne possède t’elle la capacité de se rebeller contre un système en place? C’est au spectateur de trouver les réponses et d’agir peut-être en conséquence.

Les motifs de la révolution de 1821 en Grèce ne semblent pas si lointaine et apporte son lot de réflexion à la société du 21ème. Demain pourrions-nous dire plus jamais de dictature et d’extrémistes?

Mais où voir le spectacle?
Théâtre de la Reine Blanche
2 bis passage Ruelle
75018 Paris

jusqu’au 16 mars 2019

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