L’évocation du nom de Kean donnait des vapeurs à ces dames de Londres au 19ème siècle. Ce comédien donnait vie à de nombreux textes grâce à son charisme, son exubérance et sa folie. Et si vous alliez le rencontrer ainsi que la femme qui a bouleversé toute sa vie?

Alexandre Dumas père écrit une pièce de théâtre nommée « Kean ou Désordre et Génie », jouée pour la première fois le 31 août 1836, au théâtre des Variétés. Il s’inspire de la vie d’Edmund Kean (1787-1833) considéré comme le plus grand acteur de son temps. D’ailleurs, l’auteur a contribué à sa renommée. Jean-Paul Sartre a adapté la pièce le 14 novembre 1953 au théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet avec Pierre Brasseur dans le rôle principal. Alain Sachs choisit cette version pour faire une mise en scène originale, audacieuse et appropriée. Il met des blocs mobiles avec plusieurs motifs peints différents selon les faces. Ainsi selon les scènes, il suffit des les tourner pour changer de lieux. Le reste du décors sont des meubles fixes déplacés par les comédiens. Les changements nuisent à la dynamique du spectacle. C’est le seul petit point négatif.

Car grâce à l’énergie des comédiens, la pièce de théâtre se regarde avec plaisir et bonne humeur. Kean, fameux comédien au Théâtre Royal de Drury Lane fait tourner la tête de tous ces dames. La comtesse Elena, épouse de l’ambassadeur du Danemark tombe radicalement sous le charme de ce dépensier personnage. Elle va tout faire pour passer du temps avec lui et fuir. Mais très vite l’image d’un amour illégal va faire face à la réalité. Heureusement, le Prince de Galles, ami de Kean, va faire en sorte que la dame puisse garder son statut. Anna Damby, jeune héritière bourgeoise, elle décide de tout laisser tomber pour devenir comédienne et épouser Kean. Au début, ce dernier était insensible à ces charmes avant de céder à son impertinence et sa jeunesse.

Il faut souligner la magnifique prestation d’Alexis Desseaux qui tient avec force, énergie et bonne humeur son personnage. Un rôle qui demande beaucoup de travail et de concentration car il est présent à toutes les scènes. Il tient à merveille son personnage nous permettant de suivre avec enthousiasme tout le récit. Une belle performance de comédien. Le duo très complice qu’il forme avec Justine Thibaudat est plein de fougue et de fraîcheur. Un plaisir de voir le jeu autour de leur différence qui permet des scènes au combien comique. Comment ne pas éclater de rire lors de la scène d’un classique avec une interprétation catastrophique malgré l’aide du souffleur. C’est le point d’orgue de la pièce. Les autres comédiens, Frédéric Gorny, Sophie Bouilloux, Jacques Fontanel, Eve Herszfeld et Stéphane Titeca moins présents sont tout aussi importants dans la construction de l’histoire. Le point commun entre eux se trouvent dans la qualité de la performance qu’importe le personnage qu’ils incarnent. Un très précis et rythmé travail d’équipe qui permet de créer des représentations de qualité.

Un sublime hommage au métier de saltimbanque avec des artistes talentueux. Kean, une pièce à découvrir.

Où voir le spectacle?
Théâtre de l’oeuvre
55 rue de Clichy
75009 Paris

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