La mort d’un homme et de son chien peut changer la vie d’une femme. Une quête d’un hommage qui tourne au drame et une nouvelle histoire mouvementée prend forme.

Pour elle, c’était un jour comme un autre. Elle prenait un verre en terrasse. Un sdf vient lui demander de la monnaie. Puis voilà qu’un homme tir avec des armes à feu sur les passants. L’homme se jette devant elle et lui sauve la vie. Cet inconnu meurt sur le coup avec son compagnon canin. La jeune femme est sous le choc. Des cadavres, du sang juste sous ses yeux et elle respire encore. Est-ce injuste? La police l’informe plus tard que personne n’a réclamé le corps. Une nouvelle situation inacceptable qu’elle ne peut tolérer. Après s’être remise du choc, elle va tout mettre en place pour qu’il puisse avoir un enterrement respectable. Mais la déception va très vite arrivée. Pleine d’espoir et de gratitude, elle rencontre la famille qui ne semble absolument pas affectée par la nouvelle. La colère se fait entendre. Toutes les économies du père et de sa belle-mère lui ont été confiées afin qu’il puisse réussir à la capitale. Et qu’est-ce qu’ils ont en retour? Un corps dans une boîte et c’est tout. La médiocrité humaine s’affiche dans toute sa splendeur. Pas de bienveillance, pas d’écoute, pas de respect tout doit être profit et rentabilité. Tout va partir dans les extrêmes et la fin ne peut être que terrible.

L’ambiance étrange se fait ressentir dès l’arrivée dans la salle avec une projection sur le grand écran. On observe une vidéo de surveillance d’un quai avec l’arrivée de trains. Puis des structures mobiles apparaissent sur scène et se transforment au fur et à mesure. Une mise en scène très ingénieuse d’Imad Assaf évolutive, avec des décors bougés par les comédiens. Chaque déplacement montre un moment de l’histoire ce qui renforce la cohérence et fait sentir la montée dramatique. Quelque chose de malsain règne dans l’air. Les personnages sont très marqués avec une femme agressive, un homme soumis, un garçon violent, des gens profiteurs… Et quand on les mélange, cela donne un portrait immonde et cruel d’une société injuste et sans pitié. « – Il s’est mis à me toucher. (…) – Ce n’est pas ma faute si mon corps veut te désirer ». Le sacrifice d’un homme au final à mener à un désastre encore plus grand. Et cela concerne également le chien qui lui aussi n’a pas le droit à de la tranquillité même dans le trépas. Un terrible voyage qui ne peut laisser insensible.

Derrière un gentil petit chien, peut se cacher la misère et la souffrance du monde. Vous ne regarderez plus les gens pareils.

Vu dans le cadre du Festival Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène

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