Le monde de l’absurde et de l’improbable a des maîtres spirituels que bien des gens méconnaissances. Alors comment leur donner un peu de visibilité ? Marc Compozieux et Alexis Gorbatchevsky ont décidé alors de redonner vie à des textes d’Alexandre Vialatte au théâtre du Grand Rond. L’homme est-il le seul animal qui porte des bretelles ?

Samedi soir, c’est salle comble au théâtre du Grand Rond. Même des gens attendent quelques désistements pour venir voir le spectacle. Le succès est au rendez-vous. On pourrait se poser la question de ce qui amène autant de gens ce soir ? Ce n’est nullement un rendez-vous avec les amateurs de classique qui adulent Molière ou Tchekov. Bien au contraire, c’est une soirée pour ceux qui aime l’absurde et l’impertinence. Marc Compozieux et Alexis Gorbatchevsky jouent des textes d’Alexandre Vialatte, qui est considéré comme le père spirituel de Pierre Desproges. Si le premier nom ne vous dit rien le second vous évoque quelque chose.

Les deux artistes empruntent des textes à ses chroniques et leur donne une fantaisie théâtrale avec le chat empaillé, les interrogations du kangourou, l’impact de la science, des réflexions philosophiques… Ils y mettent toute leur énergie et le rire n’a pas le choix d’être entendu. Sous leurs visages impassibles, les mots prennent sens et la loufoquerie est de rigueur. C’est d’autant plus drôle avec les costumes d’animaux très bien fait, donnant du ridicule au non-sens. J’aurais adoré pouvoir prendre note des bons mots tellement certains étaient succulents. L’heure est passé très vite que j’en aurais bien pris 30 minutes de plus, histoire de profiter encore du talent de ces deux comédiens assez doués. Mais non, c’est le temps de partir et d’essayer de souvenir de quelques phrases et de se dire : « il faut que je m’en souvienne ».

Un moment comme il est rare d’en passer au théâtre car l’absurde y trouve rarement sa place. Alors si vous souhaitez de l’étonnement et que vous vous demandez si l’homme est le seul animal qui porte des bretelles, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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