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Le collectif Mensuel, complètement barré et belge, adapte le roman de Nicolas Ancion,L’homme qui valait 35 milliard, sur scène à la Maison des Métallos. Trois comédiens-chanteurs, accompagnés de deux musiciens-chanteurs (guitare/batterie) et un écran géant pour la projection afin de raconter l’enlèvement de Lakshmi Mittal.

Non, vous n’avez pas mal lu. Le patron du plus grand groupe de sidérurgie au monde, Lakshmi Mittal, décide fermer des usines dans le monde car pas assez rentables  plongeant ainsi des zones géographiques dans le plus grand dénuement. Mené par un artiste en quête de reconnaissance, Richard Moors (Baptiste Isaia) et en vue d’obtenir un poste de professeur de l’académie des Beaux-arts de Liège, il va mettre en place l’enlèvement de ce grand patron qu’il va mettre en plus en charge de reproduire des œuvres majeurs de l’art contemporain. Aidé de sa grande amie Marion (Sandrine Bergot), toujours là pour lui et de son pote d’enfance, Patrick (Renaud Riga), qui vient de se faire licencié des hauts fourneaux d’Arcelor, ils vont mettre en place un kidnapping hors du commun aidé par des médias et d’anciens salariés. Bien entendu, l’enlèvement ne va pas se passer comme prévu et Lakshmi Mittal, n’est pas un homme très conciliant. Sinon, comment aurait-il pu être à la tête d’une si grosse entreprise.

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Un spectacle engagée qui n’hésite pas à parler de l’économie mondialisée qui laisse des familles entières et des villes dans le désarroi le plus complet. On pourrait croire avec le sujet un affrontement des méchants riches contre les gentils pauvres mais ce n’est pas cela. Car cette situation ne peut se limiter qu’à ces frontières grossières car les implications sont multiples entre ceux qui soutiennent, ceux qui laissent faire en ne disant rien, ceux qui disent et qui ne font rien, ceux qui s’en foutent, ceux qui ne peuvent que subir et pleurer… Patrons, politiques, banquiers, médias, artistes, bourgeois, alcooliques… tous y passent, sans complaisance. On n’est pas ici pour faire de bons sentiments. Le texte est direct, drôle, pétillant… et servi avec une qualité de jeux très appréciable et surprenante. Les décors bougent, les comédiens courent, chantent, dansent, ouvrent des bières accompagnés deux musiciens très compétents (Quentin Halloy et Philippe Lecrenier). On passe d’un bar à un appartement, puis direction la rue, la route… Et pour raconter une partie de l’enlèvement, rien de tel qu’un bon petit film qui se marie à merveille dans la mise en scène.

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Le collectif Mensuel, met le doigt sur ces gens aux ambitions déçues, aux vies désœuvrés et aux volontés inachevées. Un fabuleux cri de révolte rempli de drôlerie et d’absurde qui mêle avec beaucoup de talent la réflexion, l’art, l’humour, la musique et la dénonciation sociale. Car lorsqu’on part, le cerveau se met en marche et réfléchi, réfléchi pour voir surement différemment ce monde où l’homme ne vaut plus rien.

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