
Sur scène comme dans la vie, Mickaël Délis capte l’essence de l’humain avec une énergie contagieuse et une sincérité rare. Artisan-artiste passionné, il affine chaque rôle avec une exigence d’orfèvre pour toucher au cœur aussi bien le grand public que les plus avertis. Porté par une curiosité insatiable et une foi profonde dans le collectif, il fait du théâtre un terrain d’aventure, de réflexion et de joie partagée.
Viscéralement passionné par la scène, cet acteur, auteur, metteur en scène et pédagogue façonne son art au fil des années. Pas d’ego surdimensionné, pas de posture de génie solitaire, c’est tout le contraire. C’est juste quelqu’un qui travaille, qui affine, qui recommence jusqu’à ce que chaque mot, chaque silence, chaque geste serve vraiment à quelque chose. L’exigence est son maître mot. Il offre au public bien plus qu’un divertissement. C’est plutôt une expérience, une réflexion, une joie profonde. Tout doit sonner juste, dialoguer avec l’époque, faire phosphorer et surtout laisser au public bien plus qu’un souvenir agréable. À chacun de ses spectacles, on retrouve la marque de sa quête : donner au plus grand nombre une émotion vraie. Mais aussi ce petit caillou dans la chaussure qui pousse à s’interroger sur soi, sur l’autre, sur les postures et les stéréotypes de notre société. Il a une conviction profonde que le théâtre n’est pas un luxe, mais une nécessité, pour tous.
Omnivore culturel curieux insatiable, il se nourrit de livres, de musique, de films, de théâtre… à l’infinie et sans hiérarchie. Victor Hugo, Johann Chapoutot, Cynthia Fleury côtoient une chanson entendue par hasard, une exposition recommandée par untel, un film du moment… Impossible de se passer de cette nourriture qui le rend plus fort, plus curieux, plus en appétit du monde… C’est de la matière première. C’est du partage. Se sont des rencontres. Tout ce qu’il absorbe finit par nourrir son écriture, sa direction d’acteurs, son jeu, son imaginaire, sa rage, sa détermination, ses ateliers… Toutes ces influences nourrissent son écriture ciselée, son jeu, capable de basculer du rire à l’émotion pure en une fraction de seconde.
Ce qui traverse son œuvre récente avec une cohérence frappante, c’est la question de la masculinité et de la violence. Le Premier Sexe, La Fête du slip, Les Paillettes de leur vie ou La paix déménage, forme la trilogie du troisième type qui impose plus d’un questionnement et des rires à foisons. Des spectacles où il s’entoure de personnalités plurielles et talentueuses, tous loin des clichés virilistes, pour interroger le masculin de façon frontale, joyeuse et sensible à la fois. Ses personnages vivent, respirent, partagent régulièrement l’expérience d’être eux-mêmes pris au piège de certains stéréotypes. Donc pas de condescendance, pas de leçon. La virilité, les masculinités ne sont jamais une caricature, c’est un terrain de jeu, un objet de questionnement collectif, une source de rires comme de larmes. Il explore sans tabou les failles, les faiblesses, les fêlures et revendique avec force la diversité des identités masculines, martelant que le sexe, la sensualité, l’amour, l’amitié et la curiosité sont l’essence même de la vie. Ce qui rend Mickaël Délis difficile à oublier, c’est peut-être ça : il n’a pas peur du doute. Il l’embrasse. Convaincu que toute grande œuvre naît de l’incertitude, d’une colère face à ce qui est rejeté, mais aussi d’un amour inaltérable dans l’humain, il avance avec une détermination féroce qui ne ressemble pas à de l’arrogance plutôt à de la foi sincère. Derrière chacune de ses histoires, bouillonne une énergie qui transpire le plaisir de l’écriture, du jeu, l’amour du métier et une responsabilité envers le public.
Le collectif, pour lui, n’est pas un principe esthétique, c’est une manière d’être au monde. Il s’entoure de gens qui osent dire les vérités, les franches comme les dures, parce que pour lui c’est gage de progrès, de progrès et d’audace. À travers ses spectacles comme ses ateliers, il cherche à briser les solitudes, à donner la parole à ceux qui restent trop souvent en dehors de la lumière. Il ne fait pas de théâtre sur lui. Ce qui l’anime, c’est offrir un outil collectif de réflexion, où chacun·e peut puiser matière à s’interroger sur notre société. On sent cette force qu’il puise dans les autres que cela soit de son frangin ou des ces ami.e.s artistes qu’il cite avec un amour sincère comme Rébecca Chaillon ou Hortense Belhote. Tout cet amour est nécessaire d’autant plus avec les temps qui court où la haine, l’injustice et la discrimination prennent légitiment plus de place dans l’espace public. A sa manière, à son niveau, il remet de la joie, de la beauté, de l’espoir pour remettre des paillettes dans nos vies. On repart de ses spectacles l’esprit en éveil, le cœur un peu plus large, avec la sensation étrange et précieuse que la conversation ne fait que commencer.
Voir Mickaël Délis sur scène, c’est faire l’expérience rare d’un théâtre qui ne se regarde pas lui-même — un théâtre tourné vers l’autre, poreux au monde, habité par une générosité sans calcul. On pourrait parler de talent, de rigueur, de sensibilité, de maîtrise, tous ces mots seraient justes. Mais ce qui reste, longtemps après le rideau tombé, c’est autre chose : la sensation d’avoir été vraiment vu, vraiment concerné, vraiment vivant. Mickaël Délis ne fait pas que raconter des histoires. Il nous rappelle, avec une douceur têtue, pourquoi on en a besoin.
Un très grand merci à Francesca et à Mickaël Délis pour cet entretien merveilleux.
Où voir les spectacles?
Le Premier Sexe à la Scala Paris jusqu’au 9 juin 2026
La Fête du slip à la Scala Paris jusqu’au 10 juin 2026
Les Paillettes de leur vie ou La paix déménage à la Scala Paris jusqu’au 11 juin 2026
Ce qu’en dit la presse :
« Une réflexion salutaire terribleme
« Intelligence folle, drôlerie rare, le spectacle de Mickaël Délis est une révélation » – TTTT Télérama
« Inoubliable » – La Provence
« Aussi drôle que piquant » L’Humanité
« Un spectacle magistral » – Froggy’s Delight
« Petit joyau à découvrir d’urgence » – Theatre.com
« Un spectacle nécessaire » – L’Oeil d’Olivier
« Une bouffée d’air » – Sceneweb
« Fin, drôle et émouvant » -SNES – Fsu
« Un prodige d’imagination » – SouriScène
« Le spectacle fait un bien fou » – Têtu
« Une claque incroyable » – Radio Campus