
L’apocalypse n’a pas toujours le visage qu’on imagine. Fin, Fin et Fin transforme la fin du monde en terrain de jeu théâtral jubilatoire et loufoque. Entre zombies affamés, amitié indestructible et humour ravageur, Lancelot Cherer signe une comédie déchaînée avec des éclats de rire garanties.
Tout commence comme une sortie anodine entre amis. Trois copains se donnent rendez-vous pour admirer un coucher de soleil, avec le kit parfait du moment convivial : sandwichs, serviette pour le sable, jeu de cartes et bonne humeur. L’instant ressemble à une parenthèse simple, presque banale. Puis la catastrophe surgit. L’humanité vacille, les zombies envahissent les rues et la balade improvisée se transforme en aventure de survie. Le spectacle prend immédiatement un rythme effréné. Les situations improbables s’enchaînent avec un sens du timing comique précis et brillant. L’écriture de Lancelot Cherer déborde d’inventivité et multiplie les références capables de faire rire plusieurs générations. Les dialogues fusent avec une précision redoutable. On reconnait parfois une allusion cinématographique, un clin d’œil à la pop culture ou un détournement savoureux des codes du film catastrophe. Le rire circule dans la salle comme une onde contagieuse, qui fait du bien. La fin du monde devient soudain un terrain d’exploration joyeux et sans limite. L’aventure avance avec une créativité constante qui évoque l’énergie d’une bande dessinée ou d’une série déjantée. Les comédiens exploitent chaque possibilité du plateau pour surprendre. On se laisse emporter dans cette course folle.
La grande force du spectacle réside dans son incroyable énergie collective. Eugénie Thieffry, Baptiste Dupuy, Enzo Monchauzou et Lancelot Cherer incarnent leurs personnages avec un engagement total. Leur complicité saute aux yeux et donne au récit une vitalité irrésistible. Les comédiens passent d’un rôle à un autre avec une fluidité impressionnante, multipliant les changements de personnages et de situations à une vitesse vertigineuse, avec un aplomb à toute épreuve. On assiste à une sorte de série théâtrale condensée où chaque scène apporte une nouvelle surprise. Les poursuites improbables, les rencontres inattendues et les retournements de situation se succèdent avec un sens du rythme dense dans lequel il est impossible de s’ennuyer. L’amitié qui unit ces trois personnages devient le véritable moteur de l’histoire. Face aux zombies, face à l’absurde, face à l’effondrement du monde, ils avancent ensemble et contre tout. La scénographie de Lucie Baron repose sur quelques éléments modulables utilisés avec une imagination débordante. Un objet se transforme en véhicule, un espace devient un paysage, un mouvement suggère un danger imminent. Cette inventivité permanente stimule l’imaginaire du public. L’ingéniosité des costumes, de Sophie Benoit, est au rendez-vous et apporte une vraie identité. Un travail complet qui émerveille tout le monde et qui permet à chacun de repartir avec de la joie.
Fin, Fin et Fin est une comédie survitaminée qui transforme l’apocalypse en fête théâtrale. Lancelot Cherer et sa talentueuse troupe offrent un moment d’humour irrésistible porté par une énergie contagieuse. Un spectacle réjouissant qui prouve que même la fin du monde peut donner envie d’applaudir avec enthousiasme.
Où voir le spectacle?
Au théâtre Lepic jusqu’au 28 avril 2026