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Le Théâtre de l’Ouest Parisien ouvre ces portes de nouveau à un classique de la littérature: Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux. Le metteur en scène, Laurent Laffargue, propose de mettre de la modernité pour donner plus de contemporalité à cette pièce.

Le jeux de l’amour et du hasard est la pièce la plus populaire en France et à l’étranger de Marivaux. Beaucoup ont étudié l’ouvrage à l’école paru en 1730 et comme je ne le connaissais que de nom, j’ai décidé d’aller à la découverte de ce classique. L’auteur nous présente une épreuve amoureuse où l’amour doit bien entendu sortir vainqueur tout en peignant la femme comme vénale et intéressée.

Orgon annonce à sa fille, Sylvia qu’elle va se marier avec le fils d’un de ces amis, Dorante à la condition bien entendu qu’ils se plaisent. Afin de pouvoir juger du jeune homme, elle propose de prendre la place de sa suivante, Lisette et que cette dernière prend sa place. Comme de grand hasard, Dorante a eu la même idée avec son valet, Arlequin. Voilà qui annonce de beaux quiproquos propres à l’oeuvre de Marivaux. Sans grande surprise, les deux couples d’êtres travestis tombent amoureux. Silvia veut la preuve de l’amour sincère de Dorante après qu’il lui a avoué son identité, lui cache jusqu’à la demande en mariage son identité. La demande faîtes, elle dévoile qui elle est et tous le monde est heureux de rester entre gens du même rang et dans l’amour, aussi.

1h50 pour cette petite histoire peu paraître un peu long et d’ailleurs, j’ai trouvé un peu long quand même. Mais est-ce du au jeux des comédiens ou au texte lui-même, je ne saurais trancher. Car la mise en scène m’a surprise, au début du moins. De grands panneaux blancs amovibles sur une scène qui a deux surfaces tournantes qui permettent de bouger les murs pour créer de nouveaux espaces et intégrer quelques mobiliers comme deux chaises, une table basse ou un jeu d’échec. Les mouvements d’espace sont très bien intégrés dans l’histoire et les personnages s’y baladent, y chantent ou lisent.

Le choix de la modernité se fait par les vêtements portés très moderne avec un style proche des années 70 avec robe tout rose ou pantalon à motif écossais rouge et vert. Les chaussures aussi sont importantes car Silvia porte de hauts talents rouge ou rose ou Arlequin travesti des chaussures panthères. D’ailleurs ce dernier fini à la fin du spectacle en caleçon à motif de losanges à couleurs. Jolie clin d’oeil au costume porté traditionnellement par le personnage d’Arlequin. L’originalité se traduit également par le langage, par la façon de s’exprimer assez proche de la façon dont on parle maintenant tout comme la gestuelle assez exubérante.

Le spectacle tient aussi à ces comédiens au talent assez inégale. Sur les trois couples de comédiens, nous avons le premier peu présent : Orgon (Georges Bigot) et Mario (Maxime Dambrin). Le père incarnait plus le professeur dont chaque comédien venait lui montrer sa prestation et attendait son aval par un regard ou un sourire de satisfaction. Le deuxième avec Silvia (Clara Ponsot) et Lisette (Manon Kneusé) très complémentaire mais je n’ai pas été totalement séduite. On sentait l’envie de Clara Ponsot d’être son personnage, de vouloir partager son exubérance et sa vanité mais outre la sonorité très particulière de sa voie, limite désagréable, je n’ai pas vraiment cru à ces colères ou ces moments de tendresse. Contrairement au troisième couple incarné par Dorante (Pierric Plathier) et Arlequin (Julien Barret) qui m’ont plu, hors de leur charme naturel, par la douceur de leur voie, par leur gestuelle, par l’occupation de l’espace m’ont emmené dans leur univers. Et que dire du strip-tease d’Arlequin qui a fait monter doucement la température de la salle en plus de son côté clownesque qui n’a pas manqué de faire rire l’assistance.

Un spectacle un peu long pour une histoire si simple. Toutefois, j’ai apprécié de découvrir ce classique qui m’a ravie et m’a fait réconforter dans le fait d’avoir étudié L’île des esclaves du même auteur à l’école. Texte certes plus court mais qui critique une société de classe même si au final on est toujours plus heureux avec des gens du même niveau social.

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