Si l’on évoque l’hystérie, vous avez tout de suite des images qui vous viennent à l’esprit. C’est le cas également de Gérard Watkins qui a décidé d’en faire une expérience théâtrale inédite. Ainsi, il plonge le spectateur au coeur d’un centre pour traiter deux jeunes atteints de conversion hystérique. Vous sentez-vous prêt à franchir les portes de ce lieu?

L’hystérie vient étymologiquement du mot hysteros en grec qui veut dire utérus. Une maladie qui engendre des changements d’humeur, des troubles sexuels, des angoisses fortes. Les médecins antiques avaient conclu que c’était une maladie féminine liée à leur appareil reproducteur. Une théorie très étudiée à la fin du XIXème par Jean-Martin Charcot et Sigmund Freud qui ont réalisés de très nombreuses expériences sur des patientes. Le médecin interniste à l’hôpital Salpétrière, Jean-Martin Charcot présentait des crises d’hystérie théâtrale et spectaculaire devant des intellectuels du moment comme l’illustre la peinture d’André Bouillet, « Jean-Martin Charcot à l’hôpital de la Salpêtrière devant une jeune femme hystérique ». Il prouvera que les hommes peuvent être également touchés par ce problème à cause d’un problème aux testicules.

Gérard Watkins s’inspire de ces espaces où étaient enfermées les femmes pour le transposer dans notre société avec un centre avant-gardiste pour soigner un homme et une femme atteint d’une maladie nommée conversion hystérique. Un conflit psychique qui vient s’exprimer physiquement. La parole devient une clé mais les raisons du déclenchement des troubles restent un mystère, encore de nos jours. Une raison qui explique le traitement expérimental par trois psychologues avec une approche différente. Les deux jeunes d’environ 20 ans ont des difficultés à s’insérer dans la société. Un facteur de leur maladie? L’auteur le pense en tout cas car la parole exprimée avec sincérité permettra la libération. Il choisit également dans sa mise en scène de montrer les différents traitements proposés à travers le temps. Par exemple on voit une femme souffrant de la maladie anciennement appelée l’utérus vagabond où il était conseillé d’éternuer pour remettre l’organe à sa place. Avec son mari, ils vont voir un sorcier pour l’aider en retirant les esprits qui la hantent. On va aller jusqu’aux inquisiteurs avec la chasse aux sorcières où leur sort sera le buché.

@Pierre Planchenault

Je ne peux démentir sur la richesse du spectacle avec les références historiques et médicales. J’assiste à une sorte de conférence où les comédiens font faces au public et les impliquent dans leurs réflexions. Mais les 2h10 semblent d’une longueur infinie. Les scénettes s’insèrent dans la thérapie des deux jeunes sans aucun véritable lien. Même si la mise en scène se fait ingénieuse avec peu de décors amovibles cela ne suffit pas à rester captif sans l’envie de regarder sa montre. Par chance les cinq comédiens s’investissent de toute leur énergie dans ce projet. Ils tiennent avec passion leurs personnages d’un bout à l’autre de l’histoire. J’applaudis des deux mains leurs performances qui a réussi à me tenir éveillée. Je ne devais pas être la seule à trouver le temps long car beaucoup de gens ont applaudi avant la fin du spectacle croyant qu’il était terminé. Il restait encore 10 minutes afin que l’on puisse enfin partir.

@Pierre Planchenault

Malgré une volonté très louable de Gérard Watkins de parler de l’hystérie à travers le temps, il manque un souffle dynamique pour m’emporter dans l’histoire. L’énergie indéniable des talentueux comédiens ne suffit malheureusement pas à en faire un spectacle captivant. Dommage.

Où voir le spectacle?
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie
Route du champ de manoeuvre
75012 Paris

Métro station Château de Vincennes puis prendre la navette Cartoucherie en face de la sortie n°6
Bois de Vincennes. 

Jusqu’au 14 avril 2019

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