Lorsqu’on entend le nom de Barbara pour beaucoup cela leur évoque des souvenirs. Une chanteuse immortelle qui a marqué autant par son répertoire que son attitude. Pensez-vous bien la connaître?

Barbara pour thème de spectacle laisse croire que seuls des séniors viendront. Pour beaucoup, ils l’ont entendu sur les ondes, vues à la télévision et pour d’autres ils l’ont admirer sur scène. Quand des artistes décident de lui rendre hommage, se sont les premiers à venir. Pourtant, la salle de la Scala montre son caractère intergénérationel. Le lieu vous indique tout de suite que vous ne vous trouverez pas face à juste à une chanteuse en robe noire et un pianiste. Un délicat vent de folie va souffler dans cet hommage. Le metteur en scène Thomas Jolly pose sa marque de fabrique pour nous faire découvrir une autre facette de cette grande dame de la chanson française.

Le spectacle débute sur une remise de prix de la chanson populaire par le ministère de la culture et de la communication. C’est Thomas Jolly lui-même qui incarne le fonctionnaire coincé au discours guindé. Par chance, une voix off fait des commentaires osés. Puis le rideau s’ouvre et nous dévoile L. (Raphaële Lannadère) et une pièce assez mystérieuse. On a l’impression d’être sous un toit grâce à une ingénieuse installation de lumières. Puis par-ci par-là, aussi bien en hauteur qu’au sol, des orchidées soit avec une tige ou soit en bouquet sont parsemées. D’ailleurs, une délicate odeur en émane valorisée par la fraîcheur ambiante de la salle. Dans l’espace se trouve des fauteuils aussi bien face que dos au public et des luminaires assez rétros. Et un accessoire au combien indispensable avec le piano et son musicien derrière, Babx. Une ambiance chaleureuse se créée et nous met en condition pour cette rencontre étonnante avec une artiste exceptionnelle.

Les jeux de lumière d’Antoine Traver dynamisent les échanges tout en leur donnant quelque chose d’intime, de confidentiel. A l’image de cette dame en noir qui se dévoilait assez peu au public mais ayant de la répartie. Une pudeur et un humour qui ont été montrés à travers des extraits d’interviews que ce soient les versions originales enregistrées ou rejouer sur le plateau. Le mélange des genres opère avec le théâtre où il arrive même que Babx réponde au nom de Barbara. Ces échanges sont entrecoupés de chansons principalement interprétées par L.. Même si sa voix ne se rapproche pas de la version originale, elle y met toute sa douceur, sa fragilité et son grain de folie. Car derrière la femme se cache également une artiste pour qui la musique représente un élément central de son existence. Elle comprend très bien le sens de donner et s’offrir à son public. Une émotion assez forte fait tressaillir le public surtout avec son interprétation avec « La solitude ».

Le magnifique trio trouve le juste équilibre pour rendre hommage à Barbara avec beauté, douceur et humour. « Un silence dans le jardin » que l’on écoute avec attention et qui réchauffe les cœurs. 

Où voir le spectacle?
La Scala
13 boulevard de Strasbourg
75010 Paris

jusqu’au 3 novembre 2019

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