Avez-vous pris votre ticket pour observer la matérialisation d’une fantasmagorie qui fait Trace.s? Non? N’hésitez pas à suivre la lumière que vous indique Mathieu Enderlin. Un singulier moment d’émerveillement vous attend.

Au début né l’obscurité. Puis vint l’idée de Georges Lafaye, surnommé l’« Einstein de la marionnette », de mettre de la lumière et un vent de folie douce ouvre les portes du théâtre noir. Un voyage vers des improbabilités que Mathieu Enderlin décide de suivre. Il devient un aventurier de la lumière perdue et décide de créer le spectacle « Trace.s ». Il veut emmener le spectateur vers des instants d’inattendus. La représentation débute avec trois archivistes explorateurs qui courent dans la salle en descendant les marches pour saluer un public imaginaire plein d’enthousiasme que nous entendons. Nous sommes face au dos et aux fesses des trois personnes. Un rappel sera même au rendez-vous. Des lumières sur scène se rapprochent d’eux et les dévorent. La noirceur devient reine et occupe tout l’espace. Des points de lumière apparaissent ici et là. Ensuite des boîtes lumineuses se déplacent.

Un homme montre son visage et glisse des lettres sur ces intrigantes boîtes. Il joue avec les lettres de tous les possible. Elles s’assemblent, se fuient, s’attirent et se font même voler. Des mots apparaissent parfois et se défont comme lire, élire, relire et délire. Une histoire serait-elle entrain de s’écrire? Puis très vite, un bâton phosphorescent vert montre le bout de sa rectitude pour prendre vie. Il devient un personnage avec des jambes et des bras qui se déplace dans l’espace et se joue du noir. On se sent porter vers les chemins de l’imaginaire où l’humour est très présent. Les manipulateurs font des tours de passe-passe où parfois ils se montrent comme pris en flagrant délit de d’obscur délire lumineux. Ils jouent un double jeu avec des acteurs animés et des objets qui s’animent. On ne peut que rire quand le mot noir tente de s’enfuir pendant que le mot spectacle s’éteint. Mais toutes les lettres ivre de liberté ne pourront s’en sortir indemne car à la fin il ne restera que no.

Des moments fugaces qui produisent des instants remplis de sensibilité, qui illustrent des idées folles, qui conduisent à des utopies improbables, qui invitent à sourire à des fantaisies. Bref, un spectacle qui montre le regard plein d’imagination d’un artiste engagé et passionné qu’est Mathieu Enderlin et qui s’entoure de talentueux manipulateurs que sont Rose Chaussavoine, Thomas Cordeiro et Laure Lefort. Alors n’hésitez pas à prendre votre ticket. Votre exploration dans le gouffre du théâtre noir sera plein de douceur, de rires et de surprises.

Mais où voir le spectacle?
Le Mouffetard
73 rue Mouffetard
75005 Paris

du 14 au 23 mars 2019

Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *