Si je vous disais que l’on peut mettre de l’espièglerie dans la musique, me croiriez-vous? Dans le doute, si vous alliez rencontrer Alain Bernard sur scène? Vous allez ressortir enchanter avec quelques notes qui trainent dans votre mémoire.

Alain Bernard nous accueille, dos tourné sur la musique du film « Le Mépris » de Jean-Luc Godard composé par Georges Delerue. Ce moment avec les élans d’instruments à vents parlent forcément à tous le monde même ceux qui ne connaissent pas ce film de 1963. Le comédien nous dit que c’est une musique plombante pour débuter un spectacle et aussi fêter la fin d’année. « Ca calme, hein ! » D’un sourire taquin, il commence à nous montrer ces trois passions : la musique, le cinéma et l’humour. Très vite il enchaîne en se jouant des grands noms des compositeurs. C’est juste une mise en bouche pour nous montrer combien la musique se trouve autour de nous. Et pour nous emmener dans son univers avec à ces côtés deux fidèles amis : un piano acoustique et un piano électrique. L’instrument aux quatre-vingt-huit notes avec cinquante-deux blanches et trente-six noires ne montre pas de limite dans la richesse et la variété de la création.

Une impertinence musicale qu’Alain Bernard cultive depuis son plus jeune âge. Lors des cours de piano, il refusait obstinément d’apprendre le solfège et les morceaux très classiques sans apporter sa touche personnelle. Il aimait rejouer les morceaux qu’il entendait à la radio d’Elton John, Billy Joel, Paul McCartney, Michel Sardou, Michel Delpech, Michel Berger, Michel Fugain… Sans oublier les airs qu’il entendait à la télévision avec « Les mystères de l’Ouest », « Les chiffres et les lettres »… Son adoration pour la musique de film a débuté avec les créations d’Ennio Morricone comme « Le Clan des Siciliens », « Il était une fois dans l’ouest », « Il était une fois d’Amérique »…. Il embarque le spectateur au coeur des notes afin de les faire deviner jusqu’à ces grands airs de cinéma. Tout le monde participe et semble ravie de cette interaction. Ces BOF (Bande Originale de Film) que beaucoup connaissent sans avoir vu les films comme l’entrainant de « Furyo » composé par Ryūichi Sakamoto.

L’humoriste joue sur ces instruments mais il n’a pas oublié de construire une histoire. Il mélange des moments d’auto-fiction, de partage de connaissances musicales, de découverte ou redécouverte de morceaux, des histoires absurdes avec une bonne dose d’humour. Faire des calembours? Il n’hésite pas un instant : « les cors vous jouez comme des pieds », « Ricard Wagner », « les cordes il y avait de quoi se pendre », « Un film sans musique, c’est Hollywood sans vedettes, c’est Cannes sans starlettes, c’est le Mans… sans rillettes ! » et le public rigole. Une ambiance chaleureuse communicative se partage et on se laisse aller aussi bien à l’écoute de ces musiques si mémorable et de ses blagues légères.

Une magnifique déclaration d’amour pour le 7ème art par Alain Bernard. Sous ces doigts s’animent sa passion communicative pour la musique et grâce à lui chaque spectateur ressort du théâtre émerveillé, le sourire pleins de souvenirs.

Où voir ce spectacle?
Aux Déchargeurs
3 rue des déchargeurs
75001 Paris

Jusqu’au 1 avril 2019, le lundi à 19h30

Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *