On dit que derrière chaque grand homme, on trouve une femme. Jean-Baptiste Poquelin n’échappe pas à la règle. Serait-il devenu le grand Molière sans l’aide et de le soutien de Madeleine Béjart ?

Après avoir écumé les routes, Madeleine Béjart revient à Paris. Elle retrouve Jean-Baptiste Poquelin avec qui elle va partager la passion du théâtre et un amour sincère pendant 20 ans. A la fois gestionnaire, muse, amante, inspiratrice, correctrice, comédienne, elle restera à ces côtés pour l’aider à devenir l’artiste complet qu’il est devenu. Quand Nicolas Fouquet commande une pièce pour l’inauguration de son château Vaux-le-Vicomte, elle lui conseille un prologue pour « Les fâcheux » dont elle fera partie avec des maîtres reconnus dans la danse et la musique. Une femme qui a de la suite dans les idées. Toutefois, elle n’a pas prévu ce qui allait bouleverser à jamais sa vie. Molière est tombé amoureux. Il n’a pas choisi n’importe quelle jolie et jeune femme pour assouvir son démon de midi. Son dévolu est lancé sur la fille de Madeleine Béjart, Armande, tout juste âgée de 20 ans avec qui il va se marier. Qu’importe les moqueries et les tromperies, il veut donner sa chance à l’amour qui lui inspira bien des histoires. N’est-il pas entrain d’écrire « L’école des femmes » où un homme âgé veut forcer une jeune innocente à l’épouser?

Copyright : Laurencine LOT

Gérard Savoisien a décidé de s’attaquer au monument Molière pour raconter une histoire de femme. Même si l’on sait assez peu de chose sur l’histoire de Jean-Baptise Poquelin on connaît l’importance qu’a joué Madeleine Béjart dans son succès. D’ailleurs, l’auteur la place comme personnage centrale de son récit. On la voit gérer la comptabilité, jouer des personnages de théâtre et surtout conseiller Molière. Anne Bouvier incarne de façon magistrale cette femme de caractère et de courage qui nous touche d’autant plus lorsque son coeur se brise. Christophe de Mareuil n’est pas en reste dans son rôle de Molière, passionné et troublé face à l’amour qu’il ressent pour la jeune Armande. Un duo d’une grande complicité qui nous emporte à la rencontre d’un couple lié par la folle passion du théâtre.

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La mise en scène simple et efficace d’Arnaud Denis et la scénographie d’Erwan Creff, permettent d’entrer au plus proche du contexte historique. Que c’est malin de montrer un théâtre inversé avec une salle illuminée de bougies vacillantes, un public imaginaire dont nous entendons les éclats de rire. Une façon élégante de montrer le théâtre sous toute ces facettes. On voit les personnages se farder de blanc avant de monter sur scène, on entend les déclamations très particulière de l’époque sans oublier les costumes typiques du 17ème. Et cette chaise où le personnage de Molière s’assied ne serait-elle pas semblable à celle dans laquelle il joue son dernier rôle? « Un malade imaginaire » un peu comme un amoureux imaginaire qui va ressentir les troubles de ces émois?

Un spectacle envoûtant qui nous mène au coeur de la relation passionnée et électrique entre Molière et Madeleine Béjart. Ne passez pas à côté de ce grand moment de théâtre.

Où voir le spectacle?
Théâtre de la Rive Gauche
6 rue de la Gaité
75014 Paris

jusqu’au 25 mai 2019

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