L’inspecteur Alexandre Leclerc convoque Emilie Artois au commissariat. Il doit lui demander des informations suite à la disparition de son petit-ami. L’interrogatoire va prendre un tour inattendu.

Quand on rentre dans la salle du théâtre, une ambiance étrange se dégage. Une musique mystérieuse nous accompagne jusqu’à notre siège. Sur scène, une table, deux chaises, une caméra et un écran télé. Quelque se trame. Une charmante jeune femme fait son entrée, avec un chemisier rouge. Notre regard ne peut éviter de se poser sur elle. Puis, un jeune homme, Alexandre Leclerc fait son entrée avec des pochettes sous le bras. Il prend son temps pour s’installer en face de Mlle Emilie Artois. Proche de la machine à café, il lui demande : « Vous voulez quelque chose? « . La machine se met en marche avec ce bruit si identifiable. Doucement, le policier met en confiance cette femme pleine d’assurance qui lui fait face. Il banche la caméra qui diffuse l’image sur l’écran qui est tourné vers le public. La femme se retourne et s’admire, bien confiante de son pouvoir de séduction. « Vous savez pourquoi vous êtes-là? ». « Vaguement » répond-elle avec un certain aplomb. Très vite un jeu étrange se met en place. Cette femme parle d’amour, de blessures affectives et de vengeance qui ne peut que s’appliquer par la mort. Les preuves, elle lui montre. Ce policier habitué à des cas sans gravité, va t’il supporter faire face à l’horreur humaine? La folie ne pourra t’elle être que son échappatoire?

Photo Fabienne Rappeneau,

Lucas Andrieu, passionné de cinéma et de films psychologiques décide de se lancer dans une aventure incroyable. Ecrire une histoire comme sur le grand-écran mais pour le théâtre. Aidé d’Emma Baudoux, ils conçoivent un récit reprenant les codes des films policiers où petit à petit le fil mystérieux s’épaissit pour mieux captiver le spectateur et le dérouter à la fin. D’ailleurs, la mise en scène et la création musicale de Damien Dufour joue avec cela. Déjà, avec le générique projeté, presque inexistant dans le 6ème art, le jeu de séduction avec la caméra ou le travail de lumière surtout lors la scène lorsqu’on passe de l’autre côté du miroir avec une danse diabolique. Rien n’ai laissé au hasard, pas même la musique qui accompagne délicatement les moments forts, fragiles et sensibles. On se laisse porter petit à petit surtout grâce à la présence et au talent d’Elena El Ghaoui. Son jeu assez riche nous emmène au coeur du doute, de la perversion et de l’aliénation. Une couleur différente de chemisier et une coiffure plus classique, une nouvelle personnalité s’affiche. Laquelle est vraie? Qu’importe. Pas d’inquiétude, les auteurs n’ont pas oublié de mettre une petit dose d’humour, même s’il est noir. La couleur est bien de circonstance quand on parle de meurtres volontaires ou d’idées obscures. Il restera à vous d’y voir peut-être une lueur d’espoir. Au pire, vous assisterez à un jeu perfide où la moral ne peut gagner.

Photo Fabienne Rappeneau,

Une pièce de théâtre aussi déroutante que brillante qui vous mènera dans les tourments de l’âme humaine.

Où voir le spectacle?
Théâtre de la Contrescarpe
5, rue Blainville
75005 Paris

Jusqu’au 29 septembre, les samedis et dimanches à 19h

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