Que seriez-vous prêt à faire pour votre meilleur ami ? Pourriez-vous aller au-delà de vos propres limites ? Et si tout pouvait se décider autour d’un plat de pâtes à l’ail?

L’amitié lie depuis des années ces deux hommes. Rien de très exceptionnel de manger ensemble autour d’un plat de pâte à l’ail. C’est le rendez-vous mensuel où ils refont le monde et se remémorent leur jeunesse. Mais ce soir là, quelque chose de différent va se passer. Leur histoire va prendre un nouveau tournant avec une révélation qui va créer une tempête émotionnelle. Ce lien indéfectible et si particulier permet de faire une demande improbable. La mort va venir cueillir Vincent plus vite que possible en lui enlevant sa dignité et le respect de sa personne. Pour lui éviter cela ainsi qu’à sa famille, il va falloir que son ami Carlo face un geste fatal. « On mange des pâtes, on boit un coup de Barolo, et au café… je te tue et je rentre chez moi ? » Comment réagir de façon rationnelle face à une telle demande? Ce n’est pas faire une simple piqure. Elle sera le début de la fin avec le poids de la culpabilité qui va lui peser sur la conscience. Mais n’est-on pas prêt à tout pour ces véritables amis?

Derrière le simple titre de « Les pâtes à l’ail » se cache un spectacle fort, touchant, saisissant et drôle. Trouver des pièces autour de l’amitié vraie entre hommes est assez rare surtout sans tomber dans l’humour facile et graveleux. Et en plus écrite avec beaucoup de finesse, d’élégance et d’intelligence, c’est assez rare. Le trio Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé trouve vraiment le juste équilibre nous permettant d’être au plus proche de ces deux personnes, dans leur ressenti, dans leur peur, leur espoir avec vraisemblance et sans filtre. On sent l’amour, la tendresse, la bienveillance et le respect dans l’ensemble de l’histoire. D’autant plus que la mise en scène de Jean-Carol Larrivé créé une ambiance réconfortante. On croirait vraiment être dans un appartement habité, il semble vivant avec des éléments personnels. Les pâtes cuisent sur le feu, l’eau coule du robinet, le frigo est plein, des magazines traînent sur la table du salon, des cadres aux murs… Tout est construit avec beaucoup d’adresse et d’ingéniosité.

La boucle artistique se termine par un duo de comédiens Bruno Gaccio et Philippe Giangreco qui s’investissent avec sincérité dans leurs personnages. Les dialogues si précis éclatent comme des bulles de savon donnant un rythme à cette improbable requête. Peut-on tuer son meilleur ami pour son bien? Souvenirs d’enfance, silences et entourloupes demandent aux émotions de franchir des pics. Le spectateur reste captif devant cette histoire en passant du rire aux larmes. Une prestation de haut niveau de la première à la dernière minute. Quoi de plus normal que le public applaudisse encore et encore pour remercier ces artistes si talentueux. Un spectacle qui prouve que l’on peut faire du théâtre avec humour, sagacité et subtilité sans tomber dans les clichés et les blagues déjà trop entendu. Une comédie attendrissante qui redonne des lettres de noblesse au genre.

Quand l’amitié s’adjoint le talent de l’écriture, de la mise en scène et du jeu cela ne peut donner qu’un spectacle exceptionnel. Alors pourquoi vouloir passer à côté de si bonnes « Pâtes à l’ail »?

Où voir le spectacle?
La Scène Parisienne
34, rue Richet
75019 Paris

jusqu’au 31 décembre 2019

Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *