Que diriez-vous d’aller à la rencontre d’un gentil garçon? Un enfant qui est petit dans sa tête et qui n’a pas réussi à conquérir le coeur de ses parents. En grandissant, va t’il pouvoir toujours rester heureux simplement?

Le spectacle débute ainsi : « Mon père, il m’appelait le petit con. Il avait raison parce que j’étais vraiment petit. Faut dire que mon père, même s’il était gentil, il n’était pas bien grand non plus. Il était juste gros, petit mais gros. Ma mère lui disait, et elle avait raison : “ T’es vraiment un gros con”. C’est vrai qu’il était gros… » Ernaut Vivien lui donne la bonne intonation, assez timide et enfantine avec la gestuelle avec quelques tocs. Il incarne à merveille ce simple d’esprit. Son père obèse qui le méprisait vient de mourir et sa mère vivante l’abandonne. On le place dans un institut et en aucun moment cela le perturbe normal car son cerveau restera à jamais au niveau d’un enfant d’école primaire.

Pour lui, seule sa psychologue, Sophia, arrive à le comprendre. D’ailleurs, elle lui dit qu’il est un tout petit prince. Quelle belle nouvelle! Doucement, il tombe amoureux d’elle. Avec impatience chaque rendez-vous devient un évènement heureux. Le comédien nous convainc qu’il incarne cet enfant à part auquel on finit par s’attacher. De ces grands yeux ouvert sur le monde, il nous observe en tout innocence. L’auteur, Yves Cusset, a bien construit son intrigue car à partir de ce moment, une autre facette du personnage fait son apparition. Comme le garçon ne voyait plus sa psy, il commence à se faire mal physiquement pour combler la souffrance de la séparation. Un nouveau traitement se met en place avec des électrochocs. L’enfant commence à changer et les oublis deviennent plus fréquents. Un sourire franc refait surface à l’apparition de Sophia mais l’enfant ingénu qu’elle a connu n’est plus le même. Malheureusement pour elle, cela sera le dernier constat qu’elle fera de sa vie. La secousse émotionnelle se fait ressentir dans le public. Derrière ce sourire triste se cache une folie sans nom. La musique doucement l’accompagne dans ces paroles et notre coeur se sert devant ce terrible constat.

Un jolie conte philosophique autour de l’amour et du sens de la vie raconté avec sensibilité et tendresse par le talentueux Ernaut Vivien.

Où voir le spectacle?
Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville
75005 Paris

jusqu’au dimanche 31 mars 2019 à 15h00

Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *