Il y a des artistes qui rencontrent des textes comme ils rencontrent des gens. Une lecture immersive où les mots vous parlent. Vous entrez en résonance avec l’auteur et avez l’impression d’avoir vécu une aventure commune.

Stephan Freiss découvre un jour « La promesse de l’aube » de Romain Gary et un lien étrange se tisse entre l’histoire et l’homme. Impossible de rester uniquement à cette lecture. Alors il lit d’autres romans et s’informe sur cet homme singulier à l’histoire incroyable. Puis une évidence se fait, il faut partager ce ressenti auprès du public, « un texte qui me tire une émotion presque à chaque page ! ». Alors année après année, il va de salle en salle et lit des morceaux choisis au public.

Pas besoin d’une mise en scène extravagante. Le texte donne matière à faire le voyage. Sur le plateau, on découvre juste deux sièges rouge de théâtre et une petite table. Pourquoi deux sièges pour une lecture en solitaire ? Faut-il vraiment une autre présence physique pour parler d’un être cher qui a toujours été à vos côtés ? Bien entendu que non. Et au fur et à mesure, on voit cette mère qui occupe la place avec son regard plein d’amour.  « Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. ».

photo by Pascal Victor/ArtComPress

L’Amour est le fil conducteur de ce spectacle celui d’une mère pour son fils qui lui écrit même au-delà de la mort et d’un homme pour sa nation. Fier d’être français, de se battre pour des valeurs et un idéal. Il veut croire en une société tolérante loin du sectarisme et où les femmes ont autant leur place que les hommes. Après tout, c’est grâce à sa mère qu’il est devenu cet aviateur hors-pair et cet auteur indémodable. Stephan Freis prête sa voix avec beaucoup d’émotion, de pudeur et de tendresse à Romain Gary. Il nous propose une rencontre touchante que l’on voudrait poursuivre. L’envie de poursuivre cette (re)découverte par la lecture se fait ressentir. On veut plonger dans les pages et retrouver cette sensation si proche et si lointaine aussi bien d’avec l’auteur que l’acteur. Le temps d’une éclipse les êtres se confondent pour mieux nous tromper et nous séduire.

Un spectacle touchant qui rend un très belle hommage à ces mères aimantes.

Où voir le spectacle?
Théâtre de l’Atelier
1 place Charles Dullin
75018 Paris

jusqu’au 15 novembre 2019

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