Jouer entre amis permet de mettre des sous de côté. Au bout d’un moment on vide la cagnotte et on s’offre quelque chose au bénéfice de tous. Et si c’était un voyage à Paris ?

Trouver des pièces de théâtre de Molière, Feydeau ou Goldoni n’est pas très difficile sur Paris. Par contre trouver un spectacle d’Eugène Labiche ou Georges Courteline c’est une autre paire de manches. Pourtant le vaudeville de la fin du XIXème contient toujours son lot d’humour, de rebondissements et de grivoiserie. La compagnie La Bigarrure décide d’adapter « La cagnotte » d’Eugène Labiche et Alfred Delacour. Ce spectacle qui a pris naissance le 22 février 1864 sur le théâtre du Palais Royal. Pas moins de 14 hommes et 3 femmes se succèdent sur scène pour donner vie à cette rocambolesque histoire. Thierry Jahn propose une nouvelle version avec 4 comédiens et 2 comédiennes. Il faut montrer du génie et de la filouterie pour garder la détermination et la fougue des milles et une péripéties avec moins de personnes. Par chance, Meaghan Dendraël, Xavier Fagnon, Thierry Jahn, Christophe Lemoine, Céline Ronté et Vincent Ropion mettent leur corps, leur espièglerie, leur bonne humeur et leur talent dans l’interprétation de tous les personnages qu’ils incarnent.

Il en faut de l’énergie pour jouer cette bande d’amis qui économisent à chaque fois qu’ils jouent ensemble. Tout le monde ne joue pas vraiment le jeu car un n’hésite pas à glisser des boutons à la place de la monnaie. Une fois la cagnotte assez pleine, ils vont tous pouvoir faire une activité. Le choix se fera à la majorité des voix obtenues. Départ de La Ferté-sous-jouarre pour Paris, la capitale. Les provinciaux vont se faire avoir avec une arnaque au restaurant, accusés de vol, d’évasion… Et les déconvenues ne s’arrêtent pas là avec des promesses amoureuses trompeuses, des amitiés qui se remettent en cause… Pas le temps de souffler, l’histoire se poursuit dans un rythme entrainant pour mêler au mieux l’absurde des situations aux jeux de mots et blagues. Les comédiens changent le décor modulable en un clin d’œil avec une musique entraînante. On se laisse porter avec plaisir et rire dans cette loufoque aventure avec des personnages très hauts en couleurs. L’écriture vive et cruelle de Labiche se fait ressentir. Une critique de la petite bourgeoisie menée tambour battant par une équipe soudée et audacieuse.

N’hésitez pas à aller passer une soirée pleine d’imprévues et de rires en compagnie de la compagnie Bigarrure.  

Où voir le spectacle?
Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris 

jusqu’au 11 août 2019

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