Erik Satie était un compositeur énigmatique et talentueux. Son nom évoque autant la folie que le génie. Alors que peut-il se cacher derrière le titre « Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » ?

Excentrique, novateur, indépendant, caractériel… sa musique peut être évoquée de cent façons différentes. Laetitia Gonzalbes qui a déjà montré son ingéniosité dans la libre adaptation d’Anna Karénine, se lance dans un nouveau défi. Raconter la vie d’Erik Satie, ce musicien à l’imagination hors norme qui a su imposé sa créativité et son talent au monde entier. Encore aujourd’hui, on entend les célébrissimes Gymnopédies. L’art pour lui ne s’écrivait pas qu’avec des notes. On pouvait compter dans son entourage des personnages comme Debusy, Cocteau, Picasso, Ravel, Suzanne Valadon… Sa vie est un véritable roman alors comment ne pas le placer au cœur d’une histoire à travers une fiction pleine d’humour, de tendresse et de folie ?

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés.

Sur scène, deux comédiens virtuoses. D’un côté, nous avons l’ancien pensionnaire de la Comédie Française, Elliot Jenicot. Je me souviens encore de sa performance époustouflante dans « Les enfants du silence ». Le retrouver est un véritable plaisir. Son costume avec le chapeau melon, la moustache barbichette et les petites lunettes sans oublier le parapluie nous montre un homme assez singulier. C’est normal puisqu’il est enfermé dans un asile psychiatrique. Du moins, on essaie de nous le faire croire par un habile stratagème. C’est l’infirmière qui va permettre de délier le fil du passé pour nous proposer un voyage tout en musique. Un rôle magnifiquement interprété par Anaïs Yazit.

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés.

Une discussion et lien de confiance se créent entre eux. L’étrangeté de l’artiste s’affiche avec pudeur et dérision. Tout se dévoile avec beauté grâce à une mise en scène dynamique, inventive et délicate. Le duo joue mais aussi chante, danse, fait de la musique. Ils sont accompagnés de musique qui sublime les émotions. En parallèle, sur l’écran derrière eux s’anime un personnage caricaturé d’Erik Satie assez drôle, des lettres parfois en forme de poire, des notes qui s’envolent… Tout contribue à créer une ambiance chaleureuse et fantastique d’une rencontre improbable et mystérieuse. Le public ne s’y trompe pas sur la qualité remarquable de la représentation car encore ce soir le spectacle se joue à guichet fermé. Une bulle savante de magie et d’onirisme on l’on plonge avec plaisir et ravissement. Que demander de plus ?

photo Fabienne Rappeneau, tous droits réservés.

On a tous quelque chose en nous d’Erik Satie avec notre part de fragilité et d’extravagance.

Où voir le spectacle?
Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville
75005 Paris

Jusqu’au 4 janvier 2020

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