A 15 ans, on se pose de nombreuses questions qui restent souvent sans réponse. Une quête d’identité qui demande d’aller parfois vers l’illégalité. Un papillon qui ne demande qu’à ouvrir ces ailes et qui a besoin d’être accompagné. Et si vous rencontriez Edna?

Edna est belle et surtout rebelle. Elle a 15 ans et traverse une crise d’adolescence. Sa mère est partie. Son père est souvent absent. Et elle reste assez lointaine de sa belle-mère qu’elle n’apprécie guère. Il faut apprendre à grandir mais il n’existe aucun mode d’emploi standard. Alors, auprès d’un groupe d’amis, elle se fera une place. Pour affirmer son côté rebelle, elle va voler des petites choses de valeur comme un cd, un ipod, du vernis à ongle… Puis un jour, elle tombe amoureuse d’un garçon qui lui demande de poser pour lui. La séance photo dans un vieux cimetière est assez étrange mais c’est un artiste. Le temps passe avant qu’il lui redemande de poser au même endroit sans son tee-shirt. Ses espoirs deviennent importants. Elle croit voir un signe du destin. La déception est grande quand elle apprend qu’il a une copine. En plus, il lui demande d’arrêter de voler car cela finira mal pour elle. La séance photo terminée, elle repart toute chamboulée. Pour lui prouver qu’il a tord, elle va dans un magasin voler un jeu vidéo qui vient tout juste de sortir. Dans sa tête raisonne le conseil de son ami et le frisson ne se fait pas ressentir. Sans surprise, elle se fait pincer. Le directeur appelle chez elle et tombe sur sa belle-mère qui va la sauver de la situation. Un acte gentil qui va lui ouvrir les yeux et qui va guider le papillon à déployer ces ailes vers plus d’épanouissement.

photo Nicolas Mako

La compagnie Clameur Public a décidé d’adapter le roman de Martine Pouchain sur scène. La particularité est de créer un duo avec une comédienne parlant en langue des signes et une autre parlant le français oral. Edna est jouée par Julia Pelhate son double miroir, Cécile Morelle donne voix à l’adolescente tout en incarnant les autres personnages. Elle change avec simplicité et aisance d’un personnage à l’autre sans que le spectateur puisse se tromper à un instant. Le duo fonctionne en complicité et en complémentarité très plaisante à voir. Le décor se compose d’un luminaire de rue, d’une plaque de taule, d’un escabeau et d’un tissus écran suffit à nous plonger dans l’univers de la rue un peu abandonné. Sur l’écran en tissus sont projetés quelques photographies en noir et blanc et de très courtes vidéos pour montrer la pauvreté, la simplicité et la tristesse du cadre de vie de la ville. Une déchéance qui accompagne le fait qu’Edna s’habille en noir, porte du maquillage exubérant noir et qu’elle évoque la difficulté à son papillon de prendre son élan. Une phase qu’il faut traverser avec l’irrespect, la transgression pour passer à autre chose. Ainsi le papillon peut enfin se sentir assez bien pour ouvrir ces ailes et découvrir le monde plus sereinement. Une jolie fin ouverte et positive où la métamorphose s’affiche avec l’abandon d’un perfecto noir et les visages deviennent lumineux.

photo Nicolas Mako

Une histoire livrée par deux comédiennes talentueuses et passionnées qui sauront vous rappeler des souvenirs de votre jeunesse tout en vous faisant rire. Un spectacle efficace sur une adolescente qui se cherche et qui trouve une lumière d’amour réconfortante.

Mais où voir ce spectacle?
A la Manufacture des Abbesses jusqu’au 23 mars 2019

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