Sébastien Thierry n’est pas à sa première pièce de théâtre lorsqu’il écrit : « Dieu habite Düsserldorf » en 2006. Il affirme dans ses mots sa passion pour l’humour noir, absurde et déroutant. Ainsi on trouve cela normal de rencontrer un homme qui découvre sa stupidité ou un homme qui cherche à acheter un pénis. Vous ne croyez pas?

A l’évocation du terme « absurde », certains prennent peur en craignant retrouver un monde à la Eugène Ionesco ou à la Ferenc Karinthy. Mais ce monde étrange recèle de nombreux autres auteurs et de nombreux styles comme celui des romans Jerome K. Jerome ou de Rolland Dubillard. Et « Dieu habite Düsserldorf » penche indéniablement dans la seconde catégorie. Alors il faut vous préparer à un moment particulier en montant au Paradis car un humour décapant vous attend. Une fois installé votre curiosité va être piquée. Les deux comédiens installent des panneaux face aux spectateurs. Deux hommes discutent et on reste un peu à part. On les entend échanger. Puis on comprend ce qui se passe et les panneaux s’ouvrent. Nous voilà les dindons de la farce et pour le plus grand plaisir de tous car personne ne s’attendait à cette chute. En plus comment ne pas être charmé de tant d’intelligence et de dérision.

@ Cathie Simon-Loudette

En plus, les histoires plus acadabrantesques les unes que les autres conservent leur impertinence. Les rires ne cessent de se faire entendre et c’est bien normal. On nous emmène là où l’on ne s’attend pas. Les dénouements nous prennent par surprise et l’on se réjouit. Outre l’écriture pointu et précise de Sébastien Thierry, les comédiens et metteurs en scène sont fabuleux. Renaud Danner et Éric Verdin joue avec leur physique en portant des costumes des années 70. Leur complicité et leur indéniable talent subliment les récits. Pas besoin de décor à outrance non plus, quelques panneaux blancs amovibles, deux chaises, un vieille ordinateur et l’affaire est dans le sac. Il ne faut rien de plus pour se sentir emporter vers cet ailleurs loufoque et au combien plaisant. On rit simplement de cette tranquillité apocalyptique sans pitié et décalée.

@ Cathie Simon-Loudette

N’hésitez pas à prendre votre ticket pour se voyage en absurdie. Un grain de folie va vous insuffler un délicat plaisir de vivre.

Où voir le spectacle?
Lucernaire
53 rue Notre-dame-des-Champs
75006 Paris

jusqu’au 8 juin 2019

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