Cyrano de Bergerac n’est pas que le héros mythique crée par Edmond Rostand. Derrière ce personnage se cache une langue riche qui montre la force des mots. Une inspiration pour Colin qui bégaie et qui doit faire sa rentrée au collège. Est-ce cet homme au grand nez qui va aider le jeune garçon à prendre confiance en lui ?

En 1897, Edmond Rostand écrit « Cyrano de Bergerac » et connaît un véritable succès aussi bien auprès du public que des critiques. De nos jours, c’est l’une des pièces du répertoire français les plus jouées au monde. Pourquoi ne pas se servir de l’éloquence de ce fin bretteur pour inspirer les jeunes qui viennent tout juste de rentrer au collège ? Le professeur de théâtre, M. Demarsot choisit  «Cyrano de Bergerac » comme pièce a interprété en fin d’année. Le jeune Colin  est envoyé par la psychologue de l’école dans ce cours pour travailler sur son bégaiement. Au début, il se sent assez peu à l’aise contrairement à ces camarades. Puis petit à petit, il prend plus confiance en lui surtout que la jeune demoiselle dont il est amoureux est là. Elle va même lui adressé la parole. Sa situation trouve de nombreuses similitudes avec celle de Cyrano qui se trouve trop laid pour avouer son amour à Roxanne. Mais il ne veut pas que son manque de courage aboutisse à la même fin de Cyrano. Il ne pourra avouer son amour à sa cousine juste avant de mourir avec panache. Colin veut profiter de la vie et va alors dire les choses. Une nouvelle histoire va alors pouvoir s’écrire pour lui.

Nicolas Devort fait partie de ces artistes atypiques qui possède aussi bien le talent d’écriture, de mettre en scène et de jouer. Dans son seul en scène, il interprète une pléthore de personnages plus attachants les uns que les autres. D’un simple changement de position, de gestuel, de nuance dans la voix, il incarne sept autres sans que jamais on ne puisse se perdre dans l’histoire. Et pourtant, ils se croisent, se bagarrent, discutent entre eux, s’embrassent… Une incroyable prestation de précision qui montre la prouesse du comédien. Puis le récit, très bien écrit et construit permet de suivre l’évolution de Colin au départ très timide qui finit par trouver du courage. Un grand bravo pour la scène du nez reprise et corrigée avec des références au bégaiement. Une façon élégante parmi d’autres proposées qui aborde des sujets sensibles comme le handicap, la mort d’un parent, l’homosexualité, la violence parentale, le regard des autres, la solitude… Des thèmes qui parlent beaucoup aux jeunes qui apprennent à se construire. La délicatesse de l’écriture s’affiche grâce à l’élégance par lesquels les thèmes sont abordés sans oublier l’indispensable touche d’humour. Les rires des enfants raisonnent assez souvent dans la salle.

Le choix d’une mise en scène très sobre avec juste une chaise est totalement adapté. D’autant plus qu’elle n’est pas sans rappeler celles présentes dans les écoles. Elle servira même de balcon dans la fameuse scène du baiser dans Cyrano. Un accessoire au combien nécessaire. Nicolas Devort n’a besoin de rien d’autres pour nous emporter dans sa rencontre avec Colin et ces amis. La création lumière de Jim Gavroy et Philippe Sourdive apportent une douceur et une poésie au texte. Une façon d’accompagner avec discrétion le dynamisme le comédien qui déborde d’énergie et sans aucun temps mort.

Un spectacle drôle, émouvant et intelligent qui séduira autant les adultes que les enfants. Chacun a besoin à un moment ou à un autre de la bravoure d’un Cyrano. 

Où voir le spectacle?
Théâtre des Mathurins
36 rue des Mathurins
75008 Paris

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