Georges Feydeau est un auteur qui ne cesse d’être joué. En ce moment, il brûle les planches avec « Un fil à la patte » au théâtre de Montparnasse. Une version modernisée au service d’un texte toujours aussi cruelle et drôle.

Comme à son habitude, le théâtre Montparnasse propose une pièce connue et une tête d’affiche. Pour cette fin de saison, c’est à Georges Feydeau de revenir avec « Un fil à la patte » avec la talentueuse Catherine Jacob. Deux atouts qui font venir le public avec un certain confort d’avoir du rire et de la qualité de jeux. La modernité repose sur le choix d’une mise en scène dans le Paris des années 50 (pièce écrite en 1894), ambiance music-hall et cabaret qui se marie à merveille à l’histoire. Il vaut mieux que cela se marie très bien car il est question de mariage. Le séduisant Fernand de Bois d’Enghien (Jean-Pierre Michaël) doit se débarrasser de sa maîtresse Lucette Gautier (Christelle Reboul), icone de la nuit parisienne. Il va se marier avec Viviane (Adèle Bernier), fille de la Baronne Duverger (Catherine Jacob). Mais comment faire sans créer d’esclandre ?

Voilà le début d’une aventure qui va se faire avec de nombreux complots, quiproquos et rebondissements, marque de fabrique de ce très cher Georges. Bien évidemment, cela ne va être facile de se séparer de l’amante sans qu’elle découvre qu’il va se marier. Presque tout l’entourage va être informé et vont essayer de l’aider. Les situations ubuesques vont se succéder surtout grâce à un auteur de chanson clerc de notaire, le maladroit Bouzin, magnifiquement interprété par Marc Fayet. Le complément humoristique se fait avec le général Irrigua d’Amérique du Sud à fort accent, fou amoureux de la chanteuse, joué par Bernard Malaka. Avec excès et folie, il devient un homme passionné qui n’admet aucun refus cela ne peut que faire rire. D’autant plus avec cette fameuse scène mythique sur la différence de prononciation en français de sceptique et scandale. 

Même si les portent claquent, les gifles volent et des personnes traversent à toute vitesse la scène, la pièce manque de peps. Nous sommes très loin de l’énergie communiquée de « L’hôtel du libre-échange » à la Comédie Française avec l’incroyable Christian Hecq ou « La dame de chez Maxim » adapté par Johanna Boyé et Paméla Ravassard au théâtre 13. Le rythme peine à prendre de l’élan et c’est indispensable car l’écriture redoutablement efficace ne pardonne rien. Mais la mise en scène et la scénographie de Christophe Lidon sauve tout. Déjà avec l’appartement luxueux avec un piano et quelques fauteuils qui sont déplacés au besoin des situations. Un grand espace incluant des écrans permettant de jouer des profondeurs (décors en trompe-l’œil) et des contextes (action hors plateau). Par exemple, un comédien sort de l’appartement et sur l’écran on le voit descendre les escaliers. Un effet qui fait sensation surtout quand le raccord avec le comédien physique et numérique est parfait ce qui a toujours été le cas. Un usage des écrans précis et très intelligent comme c’est bien rarement le cas.

Au final, les deux heures de spectacle passe relativement vite avec neuf comédiens plein d’entrain qui arrivent à donner sens au texte. Les amateurs de vaudeville y trouveront leur compte.

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