Les Rita mitsouko l’avaient dit : « Les histoires d’amour finissent mal en général ». Et ce n’est pas Shakespeare qui pourra dire le contraire, lui qui a écrit une des plus grandes tragédies d’amour avec « Roméo et Juliette ». Son histoire a inspiré bien des adaptations et le ballet n’a pas été en reste, n’est-ce pas M. Berlioz ?

Tout commence en 1597 où William Shakespeare écrit sa pièce la plus célèbre : « Roméo et Juliette ». Les versions au théâtre, au cinéma, en comédie musicale… sont pléthores. La chorégraphe allemande Sasha Waltz a elle aussi décidé de s’emparer de ce mythe en 2007 sur la symphonie dramatique d’Hector Berlioz avec son chœur pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Mais dans une mise en scène résolument moderne et on le découvre au premier coup d’œil. Pas de décors de ville, de maisons riches, de costumes étincelants. Juste une gigantesque plateforme blanche, assez haute au milieu du plateau.

La chorégraphe se joue des codes comme dans la fameuse scène du bal où les danseuses portent des tutus en référence à la danse classique. Mais ces dernières sont pieds nus. Il prend même parti de faire faire à Juliette pour un premier contact avec Roméo. Peu de chose distingue les Capulet des Montaigu, un délicat jeu de couleur comme un échiquier où le pat sera la fin. Tout en jouant avec délicatesse des jeux d’ombre et de lumière ainsi qu’avec l’horizontalité et la verticalité. La scène du balcon est métamorphosée par l’ouverture de la plateforme mobile. Doucement il s’ouvre sous mon regard émerveillé. Les danseurs et les chanteurs occupent de plus en plus ces nouveaux espaces jusqu’à la scène dramatique de fin. Et quel final avec ce corps déposé où des galets vont être déposés sur la dépouille. Un moment rempli d’intensité et de souffrance amplifié par les chœurs.  

La distribution est impressionnante avec 78 chanteurs de chœur, 21 danseurs et l’orchestre de l’Opéra de Paris. Comme à la création en 2007, ce sont deux étoiles qui incarnent les amants maudits, la délicate Ludmila Pagliero et le solaire Germain Louvet. Tous ensembles, ils contribuent à l’énergie incroyable qui se dégage du ballet. La précision contribue à la magnificence de ce moment où l’émotion est en jeux à chaque mouvement. Les chanteurs trouvent leur place grâce à la partition d’Hector Berlioz. Un sublime trio principal avec la mezzo-soprano, Julie Boulianne, le ténor, Yann Beuron et le basse, Nicolas Cavallier.

Une magnifique appropriation des amoureux de Vérone qui redonne de la poésie et de la fantaisie à cette histoire d’amour qui finit mal.

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