Le maître de l’horreur débarque au théâtre Hébertot. Vous sentez-vous prêt à rencontrer Annie Wilkes et son auteur préféré Paul Sheldon? Ensemble, ils vont ressusciter Misery mais il va y avoir des cadavres sur la route. 

L’évocation de Stephen King nous hérisse les poils de frayeur. La référence à « Misery » écrite en 1987 nous promet des moments de tension. Malheureusement, rien de cela ne sera au rendez-vous. L’adaptation d’un roman au théâtre s’avère toujours une aventure et risque de décevoir les fidèles lecteurs du genre où/et de l’auteur. Malgré tout, cela reste un bon spectacle grâce à la performance des deux comédiens et d’une mise en scène originale. 

Myriam Boyer, que l’on voit malheureusement peu aussi bien au petit écran que sur scène, interprète à merveille cette folle d’Annie Wilkes. Son regard perçant tout comme son sourire emprunt de démence donnent toute l’intensité à son personnage. Francis Lombrail lui incarne Paul Sheldon, l’auteur séquestré par sa fan n°1 dans sa maison isolée. L’intensité de sa prestation est affaiblit par les projections psychédéliques du début, qui ont tendance à casser le rythme. Pourtant, ces images sont bien montées, très suggestives avec une mise en son assez oppressante qui distille une ambiance étouffante. 

Daniel Benoin, Alice-Anne Filippi Monroché et Jean-Pierre Laporte ont crée une mise en scène et une scénographie assez ingénieuses. L’histoire se déroule dans un seul endroit : une pièce dans la maison d’Annie Wilkes où Paul Sheldon est retenu prisonnier. L’espace assez grand où trois éléments (le lit, la table et une fenêtre) permettent de structurer toute l’histoire. La neige qui tombe pour illustrer l’accident de voiture qui justifie le fait que l’auteur soit retenu chez sa fan. Sa blessure, visible à tous les spectateurs se voient du lit et on voit sa cicatrisation. Ainsi, il se déplace pour taper sur la machine à écrire. Il a osé tuer l’héroïne d’Annie. Sous la contrainte, il va devoir ressusciter Misery. D’ailleurs, tant qu’il n’aura pas fini, il restera coincé. Des éléments ingénieux vont faire leur apparition comme la porte coulissante affichant des vidéos permettant d’étendre l’expérience du spectateur hors plateau. Des petites choses qui accompagnent à merveille l’univers singulier créé. 

Au final, on passe un agréable moment de théâtre avec des artistes qui nous montre l’étendue de leur talent. 

Théâtre Hébertot
78 bis boulevard des Batignolles
75017 Paris 

À partir du 19 septembre 2018

Du mardi au samedi à 21h – Matinée dimanche à 15h

Durée : 1h40



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