11416370_1004614506296578_7486092278188528782_oDans le cadre du festival Traversée africaine, Le Tarmac accueille le spectacle Cahier d’un retour au pays natal. Etienne Minoungou prend les mots d’Aimé Césaire pour nous raconter le combat d’un homme pour l’égalité, la dénonciation et la réflexion. Direction une plongée directe dans une pensée qui pousse à la dénonciation , à la rage et à l’espoir. 

Cahier d’un retour au pays natal a été rédigé entre 1936 et 1939 comme un long texte avec des vers libres. Ces mots sont comme des cris, des claques pour dénoncer la condition inégalitaire des noirs et de ceux qui sont rejetés par une différence. Daniel Scahaise et François Ebouele proposent une mise en scène épurée et efficace pour donner vie à la poésie d’Aimé Césaire. C’est le comédien burkinabé, Etienne Minoungou, qui incarne le poète martiniquais sur le bord d’une plage. D’une voie grave et douce, avec un sourire désarmant, des gestes lents et contrôlés, il nous parle, nous emmène vers un voyage dans la réflexion.

Cahier d'un retour au pays natal l photo Adrian Zapico & Carmine Penna

La poésie n’est pas un style littéraire que j’apprécie beaucoup. Le comédien s’empare du récit pour lui donner une autre dimension. Même si, il n’est pas évident de pouvoir tout appréhender et tout comprendre, beaucoup de phrases sont fortes et marquent l’esprit. Est-ce peut-être fait exprès pour qu’après certains puissent lire l’ouvrage pour tout comprendre. Cependant, cela n’empêche pas d’être captivé par l’histoire tellement Etienne Minoungou sait convaincre le public, de donner de l’authenticité. La preuve, car la cinquantaine d’adolescents en mal d’hormones se sont vite tues. Il y a eu juste quelques rires de malaise lorsqu’il enleva ces vêtements. Une performance époustouflante d’un comédien très talentueux qui a fait résonné des mots en leur donnant des couleurs et du volume.

0af3e4f7ec4ab95ba5273ed7ec2f88b1

Un sublime cri pour la liberté et lutter contre d’oppression qui vient de partout. Un spectacle qui ne pourra vous laisser indifférent. Allez à la rencontre d’Aimé Césaire et de sa poésie.

Ce qu’en dit la presse
L’écriture d’Aimé Césaire est métaphotique, pleine d’envolées et d’images déliées. Et le rôle de l’acteur est là, à la fois guide et porte-voix : rendre son rythme aux vers, se frayer un passage jusqu’au tympan. L’acteur interpelle, réveille les consciences, car il ne s’agit pas de se cantonner dans la contemplation passive mais bien d’ôter les fers de plaies toujours béantes.
Karin Tshdimba | La Libre Belgique | 17 mars 2015

Seul sur scène une nouvelle fois, Etienne Minoungou fait bien plus qu’exprimer ce sublime poème d’Aimé Césaire, il le porte dans ses veines, l’exsude de sa peau, l’embrase à la simple lueur de ses yeux. On se situ bien au-demà de l’incarnation : il habite véritablement le chef-d’oeuvre du poète martiniquais, texte exigeant et bouleversant creusant les entrailles de sa négritude.
Catherine Makereel | Le Soir | 6 mars 2015

Distribution
Texte Aimé Césaire
Mise en scène Daniel Scahaise
Assistant à la mise en scène François Ebouele
Interprétation Etienne Minoungou
Régie Frédéric Nicaise

Lien vers le théâtre 

 

Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *