la-colere-du-tigreGeorges Clémenceau et Claude Monet, amis de longue date, après quelques échanges épistolaires passent quelques jours ensemble au bord de l’Atlantique, en Vendée. Une occasion pour les deux hommes aux caractères bien trempés de parler d’art, de politique et d’Amour.

Philippe Madral, l’auteur décide de raconter l’histoire assez peu connue entre ces deux hommes forts de la société française que sont Georges Clémenceau (Claude Brasseur), le politique et Claude Monet (Michel Aumont), l’artiste, octogénaires, liés par l’amitié. Tous les deux âgés avec la vue qui baisse, le corps se fatiguant et de mauvaises habitudes, ne sont pas des tendres. Alors quand Monet avoue avoir détruit les Nymphéas promis à l’Orangerie, le Tigre sort les griffes et rugit de colère qui va aller jusqu’à un combat de cannes. Sous ces répliques autour de la création artistique, c’est véritablement l’angoisse autour la présence de la vieillesse, de la solitude et de la mort prochaine qui sont abordés.

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Ce printemps 1923 est plein de rêve et d’espoir pour cet ancien Président du Conseil qui espère l’Amour et aussi convaincre son ami à moitié aveugle de finir sa peinture gigantesque pour l’Orangerie. Mais le fait de ne plus percevoir les couleurs comme avant l’ennui terriblement et le mine profondément. Les couleurs ont toujours été une raison de vivre. D’ailleurs c’est pour cela que Clémenceau dira cela à la suite du décès de son ami retira le voile noir couvrant le cercueil: Pas de noir pour Monet, le noir n’est pas une couleur ! Mais un an avant de mourir en 1926, le maître aura terminé les toiles qui sont maintenant installées au musée de l’Orangerie.

Paris, Filage 'La colere du tigre' Il ne faut pas oublier la présence de deux femmes dans la pièce de théâtre. Nous avons d’un côté Clotilde (Marie-Christine Danède), fidèle cuisinière et gouvernante qui a un sacré bagou. Elle prend soin du Tigre et est présente pour l’empêcher de trop fumer. Puis nous avons son dernier amour, l’éditrice, Marguerite Baldensperger (Sophie Broustal) qui a force de mots doux et de longues discussions ont décidé de s’aimer malgré la différence d’âge. Mettez votre main dans la mienne. Je vous aiderai à vivre, vous m’aiderez à mourir. Car n’oublions pas, souvent derrière un grand homme, il y a une femme qui écoute et soutien.

4118054072 Pour raconter cette aventure, Christophe Lidon a créé une mise en scène tout en délicatesse avec une parfaite correspondance à l’histoire. Les deux hommes passionnés du Japon aussi bien par leurs arts ou leur philosophie de vie. Ainsi on voir sur toile de fond sont projetés numériquement des ambiances dont ces fameux poissons cerf-volant qui font beaucoup de bruits au vent fort. Tout comme les magnifiques toiles des Nymphéas ou des carpes koïs qui apparaissent au gré des actions et du temps qui passe. Il faut peu de choses pour signaler l’espace au final, quelques arbres magnifiquement peints, quelques chaises, un espace délimité de toiles semi-transparentes et nous voici dans un jardin. Bien entendu, il faut le talent de création pour donner l’impression de simplicité, indéniablement.

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Un spectacle très plaisant d’une part pour son côté historique car je ne connaissais pas ce lien d’amitié entre les deux hommes et par la qualité de jeux qui m’a été proposé de voir. Tout en justesse et en douceur, l’histoire se regarde avec plaisir simple et authentique. Une pièce qui a ouvert mon appétit culturel car cela m’a donné envie de lire la correspondance entre le tigre et le crabe et bien sûr de retourner au musée de l’Orangerie dans les deux salles des Nymphéas.

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